Les caractéristiques des Araucanas, comme l’absence de queue et surtout le gène Et

des toupets qui provoque des avortements dans l’œuf, rendent son élevage assez particulier.

 

La gestion des couvées, que ce soit sous poule ou en incubateur, n’est en revanche pas différente de celle des autres races, et certaines astuces peuvent aider à éviter quelques échecs.


 

1. Les reproducteurs

 

Outre le choix d'animaux conformes au standard français, et dans la même variété (couleur), nous n'insisterons jamais assez là-dessus, il faut impérativement que les reproducteurs soient en bonne santé et bien nourris. Il faut veiller à un apport suffisant en protéines, acides aminés, vitamines et oligoéléments pour assurer un bon développement de l'embryon dans l’œuf qui va se nourrir du vitellus (jaune de l’œuf) durant 21 jours. Une poule mal nourrie produira un jaune d’œuf de moindre qualité nutritive ce qui pourra entraîner un avortement spontané au cours de l'incubation. Un coq mal nourri produira une semence moins fournie en spermatozoïdes.

 

Certains éleveurs constatent une difficulté de fécondation chez l'Araucana due à l'absence de queue. Le coq tient mal sur la poule et glisse. Tous les éleveurs ne sont pas d'accord sur ce point. Ceux qui constatent un faible taux de fécondation ont parfois recours à une coupe ou une épilation des plumes autour du cloaque. L'inconvénient majeur de cette méthode, c'est la douleur si on arrache les plumes, et les tubes rigides qui restent en place quand on coupe les plumes, qui peuvent blesser ou irriter.

 

Vous trouverez comment gérer la présence du gène létal Et des toupets dans la page Génétique des toupets.

2. La récolte des œufs

 

Comme pour toutes les autres races, il faut récolter chaque jour, ne conserver pour l'incubation que les œufs propres, sans malformation. Donc les œufs trop pointus, trop ronds, avec des calcifications, à coquille molle ou fêlés sont écartés d'office. On écarte également les œufs trop sales, pour éviter les risques de bactéries et/ou virus qui pourraient contaminer les poussins à l'éclosion. On conserve les œufs à température plutôt fraiche, entre 15 et 18°, stable, et on les retourne deux fois par jour. Normalement, on met à incuber des œufs de moins de 10 jours. Plus vieux, le taux de fécondation chute de 10% par semaine.

3. L'incubation

 

Sous poule

 

Nous n'avons qu'à veiller au bien-être et à la tranquillité de la future maman. Surveiller qu'elle sorte au moins une fois par jour pour s'alimenter correctement, s'épouiller, se détendre. Ne pas hésiter à la séparer si les copines persistent à vouloir pondre dans son nid et/ou si elles n'ont pas l'habitude des poussins. Elles peuvent se révéler dangereuses si elles les prennent pour des proies, si elles dérangent les œufs au moment des éclosions, en écrasant les œufs fragilisés par les premiers coups de bec, et plus tard les écraser lors de la mêlée devant la nourriture.

 

La poule assise sur son nid toute la journée et toute la nuit devient une proie facile pour les poux. Ils peuvent lui faire abandonner son nid ou pire la tuer en l'affaiblissant. Il faut donc veiller scrupuleusement à l'hygiène, ne pas hésiter à utiliser les différentes méthodes de déparasitage.

En couveuse artificielle

 

La première difficulté que nous rencontrons, c'est le choix du modèle et de la marque. Il est utile de rappeler qu'acheter une couveuse à petit prix et de petite qualité, c'est prendre un risque de perdre de l'argent si la couveuse rend l'âme avant d'avoir pu faire ses preuves, vous faisant perdre à la fois son prix d'achat et le prix des œufs mis à incuber.

 

Donc le budget n'est pas vraiment un critère, il vaut mieux attendre d'avoir économisé pour s'offrir une couveuse un peu plus chère qui donnera satisfaction.

 

Pour choisir, on prend en compte deux critères :

 

- La contenance. Attention, les poules c'est addictif. Si on choisit trop petit et qu'on se prend au jeu on sera rapidement limité. Une 24 œufs pour commencer, c'est mieux qu'une 12 œufs.

- L'automatisation : Retournement automatique ou pas, analogique ou digitale. Cela dépend du temps que vous avez à gérer ces choses vous-même. Le retournement manuel implique que vous retourniez à la main les œufs au minimum deux fois par jour, même les week-end, même les jours fériés, même malade, même si il y en a 50, 100... La gestion analogique de la température et de l'hygrométrie implique que vous soyez vigilant, prêt à réagir au moindre écart. Une légère baisse de température ne nuira pas, mais une hausse peut entraîner malformations et même mort de l'embryon. Une variation de l'hygrométrie au moment des éclosions peut se révéler catastrophique...

 

 

Les paramètres d'incubation sont les mêmes que pour les autres races de poules : 21 jours d'incubation, à une température de 37,5°, un taux d'hygrométrie d'environ 40% pour les 19 premiers jours, qu'on fait monter à 70% au moment des éclosions. La couveuse doit être placée sur une surface plane et solide, dans une pièce à température stable autour de 20 °. Il ne faut pas boucher les aérations, sauf en fin d'incubation, pour augmenter l'humidité.

 

Le retournement se fait au minimum deux fois par jour. Pour les couveuses automatiques, il a lieu plusieurs fois par jour. On arrête de retourner à partir du 19ème jour.

 

Le mirage des œufs d'Araucana est moins évident que pour les races à coquille non teintée. Il faut un bon mire-œufs. Il faut mirer au 7ème jour, pour retirer les œufs non fécondés. Ils sont facilement repérable car on ne voit pas le réseau vasculaire (la fameuse araignée rouge). On mire à nouveau au 14ème jour. Là, normalement, on voit facilement les œufs avortés. Le réseau vasculaire s'est affaissé et forme un anneau rouge, l'embryon ne bouge pas. Et on mire une dernière fois juste avant le début des éclosions, lorsqu'on arrête le retournement, en général, vers le 18ème jour, afin de vérifier que tout va bien. On retirera les éventuels œufs avortés.

 

Lors des éclosions, il ne faut pas ouvrir la couveuse pour ne pas faire chuter la température et le taux d'hygrométrie, ne pas toucher les œufs, bref, il faut de la patience. Normalement, la légende avicole dit qu'il faut éviter d'aider les poussins qui ont du mal à sortir. En général, il se passe plus ou moins 24 heures entre le premier coup de bec et la naissance. Il peut être pourtant judicieux d'aider un poussin parfaitement viable qui a du mal à sortir, un petit coup de pouce en écalant prudemment la coquille, en patientant une petite heure, puis en l'aidant à nouveau si besoin... L'expérience s’acquiert au fur et à mesure des couvées et, au bout d'une saison, on arrive à savoir quand il faut aider et comment.

 

La couveuse artificielle s'entretient régulièrement. Après chaque couvée, il faut la désinfecter. Certains modèles sont plus faciles que d'autres à démonter et nettoyer. Attention au duvet des poussins qui peuvent encrasser le ventilateur et le système de chauffe. Il peut être intéressant dans ce cas de disposer d’un éclosoir. Il en existe pour les particuliers.

4. Le démarrage

 

Ca y est, les poussins ont éclos. Pour ceux nés en couveuse, nous devons leur fournir chaleur et sécurité. Lampe infrarouge, plateau chauffant, il y en a pour tous les goûts. Une litière propre et antidérapante, journaux, essuie-tout, copeaux, chanvre, là aussi, le choix est vaste. De l'eau propre et une miette (moulée spéciale poussins) adaptée. Pour les petits Araucanas, le taux de protéines est encore plus important que pour d'autres races. Il leur faut un taux d'environ 26% de protéines. Moins, ils ont du mal à grandir, à plumer. Ils s'affaiblissent. Lisez bien la composition de la miette. Certaines contiennent un anticoccidien, cela limite considérablement les pertes dûes à la coccidiose.

REPRODUCTION
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